Octobre 2014

Analyse des tendances - RDV Carnot 2014

Les 8 et 9 octobre derniers, acteurs de la recherche publique et industriels se sont retrouvés à Lyon pour la septième édition des rendez-vous CARNOT. Organisés à l’initiative de l’Association des instituts Carnot en partenariat avec la Région Rhône-Alpes et le Grand Lyon, ces rencontres incarnent les innovations et les technologies développées dans des domaines tels que la santé, le transport, la connectivité ou encore l’énergie et le bâtiment.

A travers les entreprises présentant leurs innovations et les conférences exposant les derniers progrès, des tendances très fortes se cristallisent autour de certains domaines de recherche qui auront un impact important sur notre mode de vie futur :

L’évolution des biomatériaux pour la santé

Dans un contexte où l’espérance de vie ne cesse d’augmenter, les métiers de la santé s’attachent de plus en plus à accroitre l’autonomie et la qualité de vie des patients. Ainsi, les communautés scientifiques et industrielles s’engagent vers la médecine personnalisée à travers notamment les biomatériaux qui constituent le cœur des dispositifs médicaux (DM) de classe III.

Depuis les années 70, les progrès enregistrés par la science dans le domaine de ces dispositifs n’ont cessé d’évoluer et les succès cliniques sont à l’origine de nombreux DM couramment utilisés aujourd’hui. Cependant, du fait des problèmes d’infections pouvant entrainer des chirurgies de révision douloureuses pour les patients (et assez coûteuses, donc non viables économiquement), le concept d’ingénierie tissulaire s’est beaucoup développé depuis une décennie. Ce dernier vise à élaborer artificiellement des tissus vivants et à reproduire l’environnement naturel ex vivo afin de régénérer un tissu vivant qui pourra être à terme implanté chez l’humain.

L’enjeu de cette ingénierie tissulaire est donc de reproduire cet environnement physiologique et notamment un biomatériau qui présente une architecture, une structure et une chimie qui miment l’environnement naturel (voir les travaux scientifiques de Christèle Combes Carnot CIRIMAT sur l’élaboration de matériaux biomimétiques).

La régénération de tissus est donc devenue une problématique importante : notamment pour implanter le bon tissu au bon endroit et pour pouvoir mettre ensemble des types cellulaires différents. Pour cela, des technologies basées sur la conception des matériaux mais aussi sur l’ingénierie tissulaires sont mises en œuvre. Ainsi, la problématique du cancer laryngo-trachéal, pour lequel une laryngectomie (ablation de la trachée haute et du larynx) est pratiquée habituellement, fait l’objet des travaux de recherche du Dr Philippe Lavalle, directeur de recherche à l’INSERM-institut Carnot MICA en collaboration avec la société Protyp.

L’hydrogène pour la mobilité et pour le stockage

Dans le contexte actuel de développement des énergies renouvelables EnR, le stockage par hydrogène semble être une solution pour favoriser l’insertion des EnR fluctuantes, améliorer l’efficacité énergétique et renforcer la sécurité des réseaux.

L’hydrogène est également une composante essentielle de la mobilité dans le cadre de la transition énergétique. Dans le secteur automobile, les véhicules électriques sont aujourd’hui un pivot technologique de plus en plus diversifié (véhicules électriques, véhicules hybrides rechargeables, full et mild hybrides, etc.). Cette offre très large permet d’adresser des usages précis et de satisfaire des besoins clients très spécifiques en apportant des avantages économiques et environnementaux. C’est ainsi que l’hydrogène s’avère très compétitif en termes de coût et de déploiement.

Comme le rappelle Adamo Screnci, directeur commercial de McPhy : « Il existe aujourd’hui sur le marché des véhicules à hydrogène qui ont une autonomie de 600 Km, qui se rechargent en 3 minutes et qui proposent la climatisation, les vitres électriques et permettent de rouler à 150 Km/h. Pour faire un plein pour un véhicule électrique de 100 ou 150 Km, il faut compter quelques heures. En revanche, 3 minutes sont suffisantes pour faire le plein d’un véhicule hydrogène pour 600Km. De plus, on estime qu’avec 100 stations hydrogène, il est possible de développer une industrie, contre les 7 millions de bornes électriques nécessaires pour les véhicules électriques. Concernant la mobilité grâce à l’hydrogène, c’est aujourd’hui l’infrastructure qui reste encore à développer… ».

Réalité virtuelle et technologie de l’information et de la communication

Le salon a également été l’occasion de découvrir certaines innovations dans le domaine de la réalité virtuelle. A l’image du projet AUREVI (Augmented Réality for the Visually Impaired ou réalité augmentée pour les personnes malvoyantes) qui s’appuie sur l’apport des STIC (Sciences et Technologies de l’Information et de la Communication) pour lutter contre le handicap visuel. Ce projet de lunettes intelligentes s’adapte à la vision du patient et permet de percevoir l’environnement au travers de lunettes de réalité virtuelle. Les pathologies visées sont par exemple les rétinites pigmentaires, le glaucome ou le syndrome de Usher, et leurs conséquences fonctionnelles comme en témoigne Isabelle Marc, enseignant- chercheur au LGI2P dans l’interview qu’elle nous a accordée.

Pour en savoir plus, consultez notre note de synthèse :

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Note de synthèse - RDV Carnot 2014