Mai 2014

Analyse des tendances - Cap Urba 2014

Le 14ème salon Cap Urba, un des principaux salons nationaux en matière d’aménagement urbain, s’est tenu à Eurexpo Lyon du 20 au 22 mai 2014. Le programme de cette édition, concernant la ville de demain ou smart city, a été enrichi par Light on Architect, dédié à la lumière en architecture, et Lumibat, pour l’éclairage intérieur.

A travers les entreprises exposant leurs innovations, et les conférences regroupant collectivités, investisseurs, acteurs industriels et académiques évoluant dans différents secteurs (l’aménagement, les réseaux, l’énergie et les services, etc.), le pavillon des smart cities & smart grids a incarné l’innovation et la technologie au service des citoyens, qu’il s’agisse de transports, de connectivité ou de sécurité.

Les solutions de gestion de bâtiments pour l’efficacité énergétique de même que la mise en œuvre d’une « intelligence » distribuée passent par des analyses prédictives (Datapole, ProbaYes), par des commandes numériques (SysPlug, Siemens) ainsi que par la mobilité durable (Keymoov, Magsys).

La tendance générale est donc l’intégration de services et de solutions de cloud computing pour une meilleure connaissance des besoins et des approvisionnements. Plusieurs acteurs proposent des plateformes pilotant des capteurs stratégiquement positionnés et communiquant, pour la plupart, grâce à un réseau wifi ou radiofréquence. Ces solutions permettent de suivre en temps réel les consommations électriques, d’eau et de gaz, et d’agir au mieux pour les maîtriser (Toshiba, Ocea Smart Building).

Absence d’interopérabilité

La diversité des plateformes et la multiplication des solutions de gestion des bâtiments en temps réel posent des questions techniques de réutilisabilité, d’interopérabilité et d’évolutivité des systèmes.

Beaucoup d’acteurs industriels proposent aujourd’hui des outils numériques, des modèles prédictifs et des services complets pour les intégrer auprès des collectivités.
C’est le cas pour IBM qui se positionne comme l’un des leaders sur ce sujet (thématiques urbaines : transports, déchets, énergies, santé etc.). Et les concurrents ne manquent pas : Cisco, Siemens, Microsoft, Johnson Control, Veolia, General Electric…

Citons également la présence à ce salon du groupe d’ingénierie helvético-suédois ABB, leader des technologies de l’énergie et de l’automation qui, grâce à l’acquisition de l’éditeur français de logiciels Newron System en Aout 2013, présentait la doGate : une architecture distribuée utilisant la convergence IP pour communiquer avec plusieurs réseaux de protocoles standards de GTB (LonWorks, BACnet, KNX, Modbus, M-Bus).

Certes l’idée de faire communiquer différents protocoles n’est pas révolutionnaire, mais la nécessité de relier les multiples plateformes et architectures développées au sein des bâtiments, des quartiers et des métropoles ne manquera pas de s’imposer. Un positionnement stratégique pour ABB et un marché immense à conquérir.

Gouvernance et sécurité des données

La question de la gouvernance pour la gestion des données des smart grids a également été évoquée lors de ces rencontres Cap Urba 2014 : Le développement de la ville connectée et durable passe par l’accessibilité à un portefeuille de services via des réseaux adaptés. Que ces derniers soient fixes ou sans fil, cette question constitue une approche cruciale pour les initiatives des métropoles qui seront amenées à déployer des réseaux capables de supporter les flux de données : connectivité sans fil 3G, 4G, l’utilisation de réseaux en champ proche comme le Near Field Communication (NFC) ou Bluetooth Low Energy (BLE) ou encore les radiofréquences (RF)…

Au-delà du déploiement, l’activation du réseau numérique de la smart city pose également la question de la sécurisation qui constitue un sujet de recherche très actif.

Attente d’une normalisation

Tous les acteurs du domaine des smart grids s’accordent sur la nécessité d’établir une compréhension claire et commune de la smart city, et de clarifier la terminologie utilisée pour décrire ses différents aspects et concepts liés.

Il est également primordial d’élaborer des standards et des normes pour garantir l’interopérabilité des systèmes de gestion et la protection des données personnelles à travers le déploiement d’un environnement numérique de confiance.